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Plaque trottinette électrique : faut-il en mettre une ?
Les EDPM comme les trottinettes électriques n'ont pas d'obligation d'immatriculation en 2026. Mais un projet de loi pourrait changer la donne. Et les modèles débridés à plus de 25 km/h sont déjà concernés. On fait le point complet.

Depuis que les trottinettes électriques ont envahi les centres-villes, la question revient en boucle dans les commentaires, sur les forums, au comptoir des assureurs : faut-il une plaque d'immatriculation sur sa trottinette ? La réponse courte, en mai 2026, c'est non. Pas pour les modèles standard. Mais cette réponse mérite d'être largement nuancée, parce que le cadre réglementaire bouge vite et que certaines catégories de trottinettes sont déjà soumises à l'immatriculation. On vous explique tout, textes à l'appui.

Le statut juridique actuel des trottinettes électriques

En droit français, les trottinettes électriques qui ne dépassent pas 25 km/h sont classées dans la catégorie des EDPM, les Engins de Déplacement Personnel Motorisés. Cette catégorie a été créée par le décret n°2019-1082 du 23 octobre 2019, qui a modifié le Code de la route pour intégrer ces nouveaux véhicules dans le paysage réglementaire.

Les EDPM ont des obligations bien définies : vitesse limitée à 25 km/h, éclairage avant et arrière, avertisseur sonore, dispositifs rétro-réfléchissants, assurance responsabilité civile obligatoire. Mais parmi toutes ces obligations, vous ne trouverez pas l'immatriculation. Un EDPM conforme n'a pas de carte grise, pas de certificat d'immatriculation, et donc pas de plaque.

Pourquoi ? Parce que le législateur a considéré en 2019 que ces engins, de par leur faible vitesse et leur usage urbain, relevaient davantage de la mobilité douce que du véhicule motorisé classique. Un choix qui fait débat depuis, et on va voir pourquoi.

Trottinettes de plus de 25 km/h : c'est une autre histoire

Voilà où les choses se corsent. Dès qu'une trottinette électrique dépasse 25 km/h en vitesse maximale par construction, elle sort de la catégorie EDPM. Elle bascule automatiquement dans la catégorie L1e (cyclomoteur) ou L3e (motocyclette), selon sa puissance et sa vitesse de pointe. Et là, toutes les obligations des véhicules motorisés s'appliquent.

La catégorie L1e : l'équivalent du cyclomoteur

Une trottinette dont la vitesse maximale par construction se situe entre 25 et 45 km/h est assimilée à un cyclomoteur de catégorie L1e. Concrètement, cela signifie :

  • Immatriculation obligatoire via le SIV (Système d'Immatriculation des Véhicules)
  • Plaque d'immatriculation au format cyclomoteur (210 x 130 mm)
  • Permis AM (anciennement BSR) ou permis B
  • Assurance avec carte verte
  • Port du casque homologué obligatoire
  • Contrôle technique (depuis 2024 pour les deux-roues motorisés)

On parle ici de modèles comme la Dualtron Thunder, la Kaabo Wolf Warrior ou certaines Segway haut de gamme débridées. Des engins qui pèsent parfois plus de 40 kg et peuvent atteindre 80 km/h. Pas exactement la petite patinette pour aller chercher le pain.

Le piège du débridage

Un phénomène massif et souvent sous-estimé. Beaucoup d'utilisateurs achètent une trottinette bridée à 25 km/h (donc EDPM) et la débrident ensuite via une application ou un contrôleur modifié. Le problème juridique est limpide : dès que le bridage est retiré et que l'engin dépasse 25 km/h, il perd son statut d'EDPM. Il devient un véhicule motorisé non immatriculé, non homologué, potentiellement sans assurance valide.

Les sanctions en cas de contrôle sont sévères. On parle d'une amende de 1 500 euros pour conduite d'un véhicule non réceptionné (article L321-1 du Code de la route), à laquelle s'ajoutent la mise en fourrière de l'engin et l'annulation de votre couverture d'assurance. Quelques témoignages sur les forums spécialisés rapportent des cas de saisie définitive. Le jeu n'en vaut clairement pas la chandelle.

Le projet de loi sur l'identification des EDPM

Depuis 2023, plusieurs propositions de loi ont été déposées à l'Assemblée nationale et au Sénat pour instaurer un système d'identification des EDPM. Le constat des parlementaires est simple : sans plaque ni immatriculation, il est quasiment impossible d'identifier un conducteur de trottinette impliqué dans un accident ou une infraction. Les caméras de vidéosurveillance captent l'engin, mais pas son propriétaire.

Le texte le plus avancé, porté par la Commission des lois du Sénat en 2025, prévoit la mise en place d'un "identifiant unique" pour chaque EDPM, associé à un registre national. Il ne s'agit pas exactement d'une plaque d'immatriculation au sens classique, mais plutôt d'une vignette ou d'un marquage lisible, comparable à ce qui existe déjà pour les vélos avec le marquage Bicycode.

Ce qui est envisagé concrètement

Le dispositif à l'étude ressemble davantage à un système d'identification qu'à une immatriculation complète. Les pistes évoquées dans les rapports parlementaires incluent :

  • Un numéro d'identification unique gravé ou collé sur l'engin
  • Un QR code lisible par les forces de l'ordre
  • Un registre centralisé associant l'identifiant au propriétaire
  • Possiblement une micro-plaque arrière de dimensions réduites

À l'heure où vous lisez cet article, aucun texte n'a encore été promulgué. Mais la tendance est claire, et la probabilité qu'un dispositif d'identification soit mis en place d'ici 2027 est jugée élevée par les observateurs du secteur.

Tableau récapitulatif : obligations selon le type de trottinette

CritèreEDPM (jusqu'à 25 km/h)Cyclomoteur L1e (25-45 km/h)Moto L3e (plus de 45 km/h)
ImmatriculationNon obligatoire (en 2026)ObligatoireObligatoire
PlaqueAucune210 x 130 mm210 x 130 mm
Carte griseNonOuiOui
Permis requisAucun (12 ans minimum)AM ou BA1, A2 ou A
CasqueRecommandé (obligatoire hors agglo)ObligatoireObligatoire
AssuranceObligatoire (RC)Obligatoire (carte verte)Obligatoire (carte verte)
Contrôle techniqueNonOui (depuis 2024)Oui (depuis 2024)
Voie autoriséePistes cyclables ou chaussée (50 km/h max)ChausséeChaussée

Ce que font nos voisins européens

La France n'est pas la seule à se poser la question. Plusieurs pays européens ont déjà tranché, et leurs choix donnent une idée de ce vers quoi on se dirige probablement.

En Allemagne, les Elektrokleinstfahrzeuge (c'est le mot officiel, on vous épargne la prononciation) doivent porter une vignette d'assurance depuis 2019. Pas une plaque d'immatriculation classique, mais une petite plaque d'assurance annuelle, similaire à celle des cyclomoteurs. Le système fonctionne bien et permet d'identifier rapidement un engin en cas de sinistre.

En Espagne, la réglementation varie selon les municipalités, mais Barcelone et Madrid imposent l'enregistrement obligatoire des trottinettes en libre-service et privées dans un registre municipal. L'Italie a franchi le pas en 2024 avec une plaque d'identification obligatoire pour tous les EDPM, accompagnée d'une assurance. La Belgique réfléchit à un système similaire au modèle allemand.

Le constat est unanime : l'absence d'identification pose des problèmes concrets de sécurité routière et de responsabilisation des conducteurs. La question n'est plus de savoir si la France va suivre, mais quand et sous quelle forme.

Trottinette débridée : les risques en cas de contrôle

Revenons sur ce point parce qu'il touche une part considérable d'utilisateurs. D'après une étude de la Fédération Française d'Assurance publiée en 2024, environ 30 % des trottinettes électriques en circulation seraient débridées ou modifiées au-delà des spécifications constructeur. Un chiffre probablement sous-estimé.

En cas de contrôle de police, les agents disposent aujourd'hui de moyens simples pour vérifier la vitesse maximale d'un engin : test sur route, lecture du firmware via l'application constructeur, examen du contrôleur électronique. Quand le débridage est constaté, la cascade de sanctions est redoutable :

  • 1 500 euros d'amende pour mise en circulation d'un véhicule non réceptionné
  • 750 euros pour absence d'immatriculation
  • Mise en fourrière immédiate de l'engin
  • Nullité de l'assurance RC : en cas d'accident corporel, vous devrez indemniser la victime sur vos fonds propres. Le Fonds de Garantie (FGAO) paiera d'abord, puis se retournera contre vous.

On a traité les amendes liées aux plaques non conformes dans notre article sur les plaques illisibles et amendes, et le parallèle est frappant : dans les deux cas, le non-respect de l'identification du véhicule coûte cher.

Préparer l'avenir : que faire dès maintenant ?

Si vous possédez une trottinette standard bridée à 25 km/h, vous n'avez rien à faire pour l'instant en matière d'immatriculation. Assurez-vous simplement d'avoir une assurance RC valide, c'est la seule obligation qui provoque de vrais dégâts quand elle n'est pas respectée.

Si vous avez une trottinette rapide (au-delà de 25 km/h par construction), faites les démarches dès maintenant. L'immatriculation se fait via l'ANTS (Agence Nationale des Titres Sécurisés) comme pour tout véhicule motorisé. Vous recevrez un certificat d'immatriculation et devrez poser une plaque au format cyclomoteur. On fabrique ces plaques au format 210 x 130 mm chez plaqueimmat.fr, conformes à la norme NF et gravées avec notre agrément TPPR n°59157. Si vous avez besoin d'une plaque homologuée, on détaille le processus dans notre guide pour commander une plaque homologuée.

Pour les trottinettes débridées, la solution la plus sage est de remettre le bridage d'origine. On sait que ce n'est pas ce que vous voulez entendre, mais entre le risque financier, le risque pénal et le risque assurantiel, il n'y a pas vraiment de débat rationnel.

Quant au futur dispositif d'identification des EDPM, gardez un oeil sur les débats parlementaires. Le jour où le texte passera, il y aura probablement une période de transition de 6 à 12 mois. Mais les fabricants de plaques et de vignettes devront être prêts, et chez Plaque Digital, on suit le dossier de très près. On sera parmi les premiers à proposer la solution conforme le jour J.

FAQ

Ma trottinette fait 27 km/h en descente, dois-je l'immatriculer ?

Non. Ce qui compte, c'est la vitesse maximale par construction, c'est-à-dire la vitesse que l'engin peut atteindre sur du plat, avec le moteur seul. Si votre trottinette est bridée à 25 km/h et qu'elle atteint 27 km/h en descente grâce à la gravité, elle reste un EDPM. En revanche, si le constructeur l'a conçue pour rouler à 27 km/h sur le plat, elle devrait théoriquement être immatriculée.

Peut-on mettre une plaque décorative sur sa trottinette ?

Rien ne vous interdit de fixer une plaque fantaisie ou personnalisée sur votre trottinette, tant qu'elle ne reproduit pas un format officiel d'immatriculation. Une plaque avec votre pseudo ou un motif décoratif ne pose aucun problème légal. En revanche, afficher un faux numéro d'immatriculation au format SIV constitue un délit d'usurpation d'identité de véhicule (article L317-2 du Code de la route), passible de 7 ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende. Autant éviter.

Quelle assurance pour une trottinette électrique ?

Pour un EDPM (25 km/h max), une assurance responsabilité civile spécifique est obligatoire. La plupart des assureurs proposent des contrats dédiés entre 5 et 15 euros par mois. Attention : votre assurance habitation ne couvre généralement pas les EDPM, contrairement à ce qu'on lit souvent. Pour une trottinette assimilée cyclomoteur (plus de 25 km/h), il faut un contrat deux-roues motorisé classique, avec carte verte.

Le marquage antivol remplace-t-il l'immatriculation ?

Non. Le marquage antivol (type Paravol ou Recobike) est un dispositif facultatif qui permet de retrouver un engin volé en l'associant à son propriétaire dans une base de données. Il n'a aucune valeur d'immatriculation au sens du Code de la route et ne dispense d'aucune obligation réglementaire. C'est un complément utile, pas un substitut.

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