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Plaque française vs plaque italienne : lecture et format
Format, couleurs, typographie, eurobande : tout ce qui distingue une plaque d'immatriculation française d'une plaque italienne. Comparatif détaillé entre les systèmes SIV et targa italiana, avec anecdotes historiques.

On fabrique des plaques françaises toute la journée chez plaqueimmat.fr, alors quand on croise une plaque étrangère sur l'autoroute, le réflexe professionnel prend le dessus : on déchiffre le format, on note la typo, on évalue la qualité du film rétroréfléchissant. Les plaques italiennes, on les croise particulièrement souvent dans le Sud-Est, sur l'A8 entre Nice et Vintimille, ou garées devant les restaurants de Menton en été.

Et force est de constater que le système italien a une élégance à part. Pas juste esthétique -- structurelle. La plaque italienne raconte une histoire de design industriel typiquement transalpine, où la fonctionnalité se marie à un souci du détail qu'on retrouve chez Pininfarina ou Giugiaro.

Deux formats, deux philosophies

Commençons par le concret. Si vous posez une plaque française et une plaque italienne côte à côte, les différences sautent aux yeux.

CaractéristiqueFrance (SIV)Italie (targa)
Format standard520 x 110 mm520 x 110 mm
Système de numérotationAB-123-CDAA 123 AA
Couleur de fondBlanc rétroréfléchissantBlanc rétroréfléchissant
Couleur des caractèresNoirNoir
Bande latérale gaucheEurobande bleue + F + drapeau UEEurobande bleue + I + drapeau UE
Bande latérale droiteIdentifiant territorial (département)Identifiant provincial + année (bleu)
TypographieFE (police officielle)Police propriétaire italienne
Plaque liée àVéhicule (à vie)Véhicule (à vie, depuis 1994)
En service depuis2009 (SIV)1994 (système actuel)

Les dimensions sont identiques -- 520 x 110 mm pour les voitures -- ce qui est logique puisque les deux pays respectent la norme européenne (convention de Vienne de 1968 sur la circulation routière, mise à jour). Mais c'est à peu près la seule chose qui se ressemble quand on regarde dans le détail.

Le système italien AA 123 AA : une logique sérielle pure

Le format de numérotation italien, en vigueur depuis le 1er janvier 1994, suit un schéma AA 123 AA : deux lettres, trois chiffres, deux lettres. L'attribution est purement séquentielle, sans lien géographique. La première plaque émise en 1994 était AA 000 AA, et le compteur avance sans interruption depuis.

En 2026, les séries en cours sont dans les GZ-HB, ce qui donne une capacité totale théorique de 676 x 1 000 x 676 = environ 456 millions de combinaisons. De quoi tenir jusqu'au XXIIe siècle au rythme actuel d'immatriculation.

Les lettres I, O, Q et U sont exclues pour éviter les confusions avec les chiffres 1, 0 et les lettres entre elles. Cela ramène le nombre de lettres utilisables à 22, soit une capacité réelle d'environ 230 millions de combinaisons. Toujours confortable.

La différence fondamentale avec le SIV français

Le SIV français (AB-123-CD) utilise un schéma similaire en apparence, mais avec 23 lettres (le I, O et U sont aussi exclus en France). La vraie différence se situe dans la bande droite. En France, on y place un identifiant territorial -- le logo de la région et le numéro du département -- choisi librement par le propriétaire. C'est purement décoratif et n'a aucune valeur administrative.

En Italie, la bande droite (bleue) contient le sigle de la province d'immatriculation et les deux derniers chiffres de l'année de première immatriculation. Cette information est administrative : elle indique où et quand le véhicule a été immatriculé pour la première fois. Quand un véhicule change de propriétaire ou de province, la bande droite n'est pas modifiée. Le numéro central, lui, ne change jamais.

Avant 1994 : la plaque provinciale italienne

L'ancien système italien, en vigueur de 1927 à 1994, est un morceau d'histoire automobile européenne. Les plaques portaient le sigle de la province en tête (MI pour Milan, RM pour Rome, NA pour Naples, TO pour Turin), suivi d'un numéro séquentiel et parfois de lettres.

Ce système provincial permettait d'identifier instantanément l'origine géographique du véhicule. Un Milanais à Rome se faisait repérer par son "MI" comme un Parisien se faisait repérer par son "75" dans le système FNI français. La dimension identitaire était forte, et la transition vers le système national en 1994 a provoqué des débats passionnés en Italie.

Le compromis trouvé a été justement cette bande bleue à droite avec le sigle provincial. Les Italiens y tiennent : c'est leur manière de conserver un ancrage territorial dans un système devenu national. On retrouve le même attachement en France avec le choix du département sur la bande droite, même si chez nous c'est purement facultatif.

Anecdote : les plaques romaines et le cinéma

Les anciennes plaques romaines (sigle ROMA, puis RM) sont devenues des objets de collection, en grande partie grâce au cinéma italien. Dans les films de Fellini, de De Sica ou de Monicelli, les Fiat 500, Alfa Romeo Giulietta et Lancia Aurelia arborent fièrement leur plaque ROMA. Les collectionneurs s'arrachent ces plaques d'époque sur les marchés aux puces de Porta Portese. Une plaque ROMA des années 1960 en bon état peut se négocier entre 100 et 300 euros -- bien plus qu'une plaque française de la même époque.

Typographie et lisibilité : deux approches du design

La typographie des plaques d'immatriculation est un sujet plus sérieux qu'il n'y paraît. Elle détermine la lisibilité à distance, la résistance à la contrefaçon, et -- on ne va pas se mentir -- l'esthétique du véhicule.

La France utilise la police FE (anciennement appelée "caractères bâtons"), une typographie sans empattement conçue spécifiquement pour la lisibilité à 20 mètres et la lecture automatique par les radars. Les caractères sont droits, géométriques, sans fioritures. Efficace, mais austère.

L'Italie utilise une police propriétaire développée par l'Istituto Poligrafico e Zecca dello Stato (l'équivalent italien de l'Imprimerie nationale). Les caractères sont légèrement plus étroits, avec des proportions qui rappellent les polices suisses des années 1970. Le résultat est plus dense visuellement, mais tout aussi lisible.

La différence la plus visible concerne le trait d'union. En France, les groupes sont séparés par des tirets (AB-123-CD). En Italie, les groupes sont séparés par des espaces (AA 123 AA). Ce détail change radicalement le rythme visuel de la plaque. Le tiret français donne une lecture séquentielle, presque syllabique. L'espace italien donne une lecture plus fluide, comme un numéro de téléphone.

Matériaux et fabrication : des standards proches

Les deux pays imposent des plaques rétroréfléchissantes conformes à la réglementation européenne. En France, l'homologation TPPR (Transformateur de Produits et de Plaques de Réflexion) est obligatoire pour tout fabricant. En Italie, l'équivalent est l'homologation délivrée par le Ministero delle Infrastrutture e dei Trasporti.

En France, on a le choix entre aluminium et plexiglas (PMMA). L'aluminium est le matériau historique et le plus courant. Le plexiglas offre des caractères en relief, apprécié pour l'esthétique.

En Italie, seul l'aluminium est autorisé. Les caractères sont toujours emboutis (en relief). C'est une différence notable : quand on manipule une plaque italienne, on sent les lettres sous les doigts. La plaque française en aluminium, elle, est plate avec des caractères sérigraphiés. La version plexiglas française se rapproche davantage de la sensation tactile italienne.

Cette obligation d'emboutissage en Italie explique pourquoi la contrefaçon de plaques italiennes est réputée plus difficile que la contrefaçon de plaques françaises. L'emboutissage industriel nécessite un outillage lourd (presse hydraulique, matrices de frappe), là où une plaque française en aluminium peut théoriquement être reproduite avec un équipement de sérigraphie.

Plaques spéciales : les divergences culturelles

Les plaques spéciales révèlent des priorités culturelles différentes entre les deux pays.

En France, on distingue principalement :

  • Les plaques diplomatiques (fond vert, caractères orange)
  • Les plaques temporaires WW (fond blanc, bande rouge)
  • Les plaques collection (numéro classique avec mention "collection")
  • Les plaques transit (fond rouge)

En Italie, le système est plus varié :

  • Les plaques diplomatiques (CD, fond bleu clair)
  • Les plaques des Carabinieri (CC, fond noir -- reconnaissables entre mille)
  • Les plaques militaires (EI pour l'armée de terre, MM pour la marine, AM pour l'aviation)
  • Les plaques de la Polizia di Stato (fond bleu)
  • Les plaques du Vatican (SCV, fond noir avec caractères blancs)
  • Les plaques de Saint-Marin (fond bleu clair avec armoiries)

Les plaques des Carabinieri italiennes, avec leur fond noir mat et leurs caractères blancs, sont parmi les plus reconnaissables d'Europe. On les repère immédiatement sur les Alfa Romeo Giulia de service qui patrouillent dans les centres-villes italiens.

Cas pratique : importer un véhicule italien en France

Si vous craquez pour une Alfa Romeo Giulia ou un Fiat Ducato sur le marché italien, le processus d'immatriculation en France suit le parcours classique de l'import intra-UE :

  1. Obtenir le COC (certificat de conformité européen) auprès du vendeur ou du constructeur
  2. Rapatrier le véhicule (conduite avec assurance transit ou transport)
  3. Demander le quitus fiscal au SIE de votre département
  4. Passer le contrôle technique français si le véhicule a plus de 4 ans
  5. Déposer la demande de carte grise sur l'ANTS
  6. Commander vos plaques françaises dès réception du CPI

Les plaques italiennes sont restituées lors de la radiation du véhicule en Italie (radiazione per esportazione). Le vendeur italien doit effectuer cette radiation auprès de la Motorizzazione Civile avant la vente. Sans ce document de radiation, votre dossier ANTS sera incomplet.

Chez plaqueimmat.fr, vos nouvelles plaques françaises pour un véhicule ex-italien sont fabriquées et expédiées sous 48 heures, à partir de 9,90 euros la plaque. Le format 520 x 110 mm est identique -- seuls le numéro, la typo et l'eurobande changent.

FAQ

Peut-on rouler en Italie avec des plaques françaises sans problème ?

Absolument. L'eurobande bleue avec le F et les étoiles européennes identifie votre véhicule comme français. Aucun autocollant supplémentaire n'est nécessaire au sein de l'UE. Les forces de l'ordre italiennes et les systèmes de contrôle automatisés (Tutor, Autovelox) lisent sans difficulté les plaques SIV françaises. L'inverse est vrai aussi : les radars français lisent les plaques italiennes grâce aux accords d'échange de données entre pays membres.

Les ZTL italiennes reconnaissent-elles les plaques françaises ?

Les ZTL (Zone a Traffico Limitato) sont des zones à circulation restreinte dans les centres historiques italiens (Florence, Rome, Milan, Bologne...). Les caméras de lecture automatique à l'entrée des ZTL enregistrent votre plaque française. Si vous entrez sans autorisation, l'amende (entre 80 et 330 euros) sera envoyée... mais souvent avec un délai de plusieurs mois, voire années. Les accords d'échange de données UE permettent désormais de retrouver les propriétaires de véhicules étrangers, même si l'efficacité du recouvrement reste inégale.

Pourquoi les plaques italiennes semblent-elles plus résistantes que les françaises ?

C'est une perception qu'on entend souvent, et elle a un fondement technique. Les caractères emboutis (en relief) des plaques italiennes sont structurellement plus solides que les caractères sérigraphiés des plaques aluminium françaises. L'emboutissage crée une déformation permanente du métal qui renforce la plaque. En revanche, les plaques françaises en plexiglas avec caractères en relief offrent une résistance comparable. La vraie différence, c'est que l'Italie n'a pas l'option plexiglas : tout est alu embouté, point final.

Existe-t-il un équivalent italien du choix de département français ?

Pas exactement. La bande droite de la plaque italienne affiche le sigle de la province de première immatriculation et l'année. Ce n'est pas un choix libre : c'est un fait administratif. Quand un véhicule est vendu dans une autre province, la bande n'est pas modifiée. En France, le département est librement choisi et modifiable à chaque changement de plaque. C'est une différence philosophique : l'Italie rattache la plaque à une origine factuelle, la France offre un choix identitaire.

Pour commander vos plaques françaises au format SIV, homologuées TPPR, avec le département de votre choix, c'est sur plaqueimmat.fr. Fabrication en France, livraison 48 heures, dès 9,90 euros.

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